vendredi 5 août 2016

La vie normale et véritable d'un ovule

La Nature jouant au dé l'existence et la féminité a décrété que la femelle humaine serait dotée dans ses ovaires, comme une poissonne, de quelques centaines de milliers d'ovocytes, dont un petit pourcentage (pourquoi si peu? À quoi sert le reste?) deviendra ovule et passera directement dans les chiottes. Si Madame le décide elle-même (c'est ainsi dans les pays autodéclarés civilisés), elle peut essayer de sa propre décision (décision générée par son système nerveux) d'intercepter un de ces ovules avec un barrage de quelques deux-cent-millions de spermatozoïdes (dégotés chez quelque péquin en rut) qui vont tenter de clouer cet ovule dans l'utérus et l'obliger à se diviser pour se multiplier et en faire un débile mental supplémentaire. Une fois lancée cette multiplication, Madame a quelques jours pour remettre en question cette décision et peut utiliser la pilule du lendemain ou l'IVG. L'IVG est comme un achat intempestif quand on se laisse emporter par l'impulsion, la griserie du moment, le bagout du vendeur. La Loi autorise à remettre en cause l'achat, et donc à envoyer l'ovule fécondé dans une poubelle (et sa colonie agglomérée appelée embryon, voire promu foetus selon l'état d'avancement des travaux dans le laboratoire expérimental en tératologie), donc dans bac à ordure où il avait normalement la plus grande chance de finir douillettement enveloppé dans son nid de coton.